Tel est le nom du nouveau rendez-vous régulier autour des collections patrimoniales de la bibliothèque de Saint-Brieuc, en écho à l’Ymagier.

Le contexte sanitaire ne nous permettant pas d’assurer les rendez-vous prévus, voilà ce que nous souhaitions vous présenter le 9 janvier 2021, à travers l’exemple récent d’un des deux plus anciens ouvrages conservés par les Bibliothèques de Saint-Brieuc : le manuscrit n°7, titré à partir de l’incipit du premier feuillet :« Incipinunt sermones domni Bernardi »… Il s’agit d’une copie des « Sermons » de Bernard de Clairvaux, l’un des personnages les plus importants de l’occident chrétien au XIIe siècle. 

Le mystère demeure sur le copiste du texte et l’enlumineur, comme souvent anonymes, tout comme pour l’instant sur le lieu exact où la copie fut exécutée. On sait cependant que l’ouvrage séjourna un temps en possession de l’ancienne abbaye cistercienne de Saint-Aubin-des-Bois en Plédéliac, où le manuscrit prit peut-être sa forme définitive, sans doute au XIIIe siècle. Raison pour laquelle l’ouvrage fut d’abord et longtemps daté de cette époque. Mais les analyses fines de plusieurs chercheurs ont peu à peu installé la plus ancienne partie de l’ouvrage entre la mort de Bernard (1153) et sa canonisation (1172). Quant aux feuillets faisant à l’origine office de pages de garde, ils ont aujourd’hui datés du IXe siècle.

Tout cela fait qu’il s’agit non seulement du plus ancien document de la Bibliothèque, mais peut-être même du plus ancien élément de patrimoine conservé par la Ville de Saint-Brieuc (à l’exception des collections archéologiques du Musée d’art et d’histoire, bien sûr). Voilà qui était déjà en soi une raison pour réfléchir à une restauration, qui s’imposait de toute façon du fait de la dégradation générale du volume.

Un manuscrit de cette époque est en effet une mécanique complexe, d’une étonnante solidité pour son âge vénérable, mais dont les composants d’origine organique (peaux, bois, ficelle, encres minérales et végétales, liants à base d’oeuf ou de poisson…) ou métallique ont subi à des degrés divers les affres du temps et de milliers de manipulations : presque toutes les parties étaient encrassées et empoussiérées, souvent lacunaires, accentuant peu à peu les risques de dégradations irréversibles. La restauration se construit par des échanges étroits entre la Bibliothèque et l’atelier sollicité, ici l’atelier public ERASME de Toulouse, avec le conseil et l’aide financière du Ministère de la Culture et de la Communication, et de la Région Bretagne.

Plus de détails sur la restauration effectuée et un aperçu en « Ymages » à venir dans un 2nd épisode…

Arnaud,
Bibliothèque municipale André Malraux – Saint-Brieuc