Projet d’école primaire de jeunes filles, boulevard de la Duchesse-Anne, plan de la façade principale réalisé par Jean-Baptiste Martenot, 30 juillet 1879, Archives de Rennes, 2 Fi 888.
Archives de Rennes, 2 Fi 888
Archives de Rennes, 2 Fi 888

Située au sud du boulevard de la Duchesse-Anne, l’école du même nom est la deuxième école de filles construite à Rennes, à la fin du XIXe siècle. Il existe alors un gros déficit d’accueil, quand on sait que 2500 jeunes filles âgées de 7 à 13 ans sont, à cette époque, susceptibles d’être scolarisées.

Dans un contexte de laïcisation de l’instruction publique et d’obligation scolaire (lois Ferry de 1881 et 1882) mettant un terme au travail des enfants durant le XIXe siècle, les « maisons d’école » deviennent de véritables bâtiments conçus dans un objectif de praticité, de sécurité et d’hygiène. Les mairies doivent mettre à disposition de la population des équipements en capacité de recevoir aussi bien les garçons que les filles.

De nombreuses écoles sortent alors de terre pour répondre à cette obligation réglementaire, ce qui est le cas de l’école de la Duchesse-Anne. Les documents conservés aux Archives de Rennes permettent d’en retracer l’évolution.

C’est en 1879 que la ville de Rennes décide de faire construire une nouvelle école de jeunes filles, afin de répondre à un besoin de la population, renforcé par une volonté politique de rendre progressivement l’instruction publique primaire obligatoire. C’est Jean-Baptiste Martenot, architecte de la ville, qui est chargé de la réalisation des plans dont la construction est projetée sur le boulevard de la Duchesse-Anne.

Martenot soumet deux propositions de plans, l’une avec l’école se situant à l’ouest (avantages : lumière naturelle tout au long de la journée du fait de l’orientation est/ouest, pas de vis-à-vis direct avec le voisinage et éloignement du bruit provoqué par l’usine Perrigault, située à l’emplacement actuel du square Lucien-Rose, l’autre au nord (avantage : habitation des enseignants plus près des classes). C’est la première proposition qui sera retenue.

La ville fait l’acquisition d’un terrain, appartenant à M. Drouadenne en 1878 et l’école est construite en 1882  présentant deux espaces distincts : un espace public dédié à l’enseignement et aux élèves et un espace privé pour la directrice et le concierge. Les deux bâtiments visibles sur ce plan de façade sont séparés par un « parloir », servant d’espace de travail pour les institutrices. Nouveauté hygiéniste de ce bâtiment : chaque classe dispose de « cabinets d’aisance » !

Les matériaux employés dans cette construction sont alors assez nouveaux et typiques de la fin de XIXe siècle : moellon (structure), briques (encadrements des fenêtres), zinc (préau), ardoises (couverture) et pierres de taille (cheminées).

Au cours du XXe siècle, l’école connaitra des extensions, suivant les plans d’un autre architecte de la ville : Yves Le Moine. Ces nouveaux aménagements en feront un véritable groupe scolaire accueillant plusieurs niveaux scolaires, bien différent de la « maison d’école » d’origine.