Rapport de présentation du Parc de Maurepas par le paysagiste Georges Moser, 2 juillet 1936, Archives de Rennes, M 63.

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La pataugeoire du parc de Maurepas, [s.d.], Archives de Rennes, 350 Fi 106.

 

Archives de Rennes, M 63
Archives de Rennes, M 63

Inauguré en 1939 sous le mandat de François Château, le parc de Maurepas est conçu par le paysagiste Georges Moser qui en rédige le rapport de présentation en 1936. L’idée de ce parc est de donner la possibilité aux familles, qui n’ont pas les moyens de se rendre à la campagne, d’amener leurs enfants dans des espaces conçus pour courir et s’amuser.

Les réflexions, quant à l’aménagement de cet espace, datent de la municipalité Janvier dont la politique d’aménagement et de construction est très inspirée des préoccupations hygiénistes. François Château revendique d’ailleurs une filiation avec Janvier.

De ce fait, le parc de Maurepas est le fruit d’une double-influence : l’hygiénisme du XIXe siècle et l’essor des loisirs populaires de la première moitié du XXe siècle.

Le plan d’aménagement, d’extension et d’embellissement de la ville établi en 1926 prend en effet en compte de nouveaux besoins et réserve dans le secteur de Maurepas un espace pour un parc d’un nouveau type. Le projet se concrétise en 1931 : on décide d’installer près de ce parc « une école de plein air pour les enfants en mauvaise santé ». Cette école ne sera finalement pas construite mais le projet de parc à Maurepas s’articule autour des besoins de jeux et d’exercice des enfants, contrastant avec le strict règlement alors en vigueur au parc du Thabor qui interdit aux enfants « les courses, les luttes et autres jeux »!

Le parc de Maurepas est également construit à une date emblématique : 1936. C’est l’année du Front Populaire, de l’instauration des congés payés, de la promotion des loisirs populaires. Il convient alors de   »mettre l’art des jardins en harmonie étroite avec le point de vue social ». Une partie du parc est donc aménagée en aire de jeux entourée d’une piste cyclable. Des bassins aujourd’hui détournés de leur fonction de pataugeoire, complètent cet aménagement qui correspond tout à fait à la reconnaissance de la place de l’enfant dans la ville après la Première Guerre mondiale : « A notre avis, il faut leur donner tous les moyens possible de jouer, leur donner la santé et la joie. Ces jeux, mis à disposition gratuite des enfants leur donneront le goût du sport ».

Signe du temps, quelques années plus tard, on installe aussi des jeux au Thabor.