Attestation de présence de Jacques Chevallier aux cours de l’université de médecine de Montpellier avec sceau de cire rouge dans un écrin de plomb, 1651, Archives de Rennes, liasse 1000.

Ce document, écrit en latin sur parchemin, a fait l’objet d’une restauration récente : un défroissage et une mise à plat lui permettant de se révéler à nous sous son plus beau jour. En voici la traduction réalisée à partir de sa transcription :

« À tous et chacun de ceux qui ces présentes lettres verront et entendront, nous Richer de Belleval, conseiller royal et médecin, professeur d’anatomie et de botanique de la vénérable université de Montpellier, chancelier et juge, salut en le Seigneur, qui de tous est le vrai salut. Nous certifions que l’honorable et savant homme le seigneur Jacques (Le) Chevalier, d’Angers, a assisté aux cours, tant théoriques que pratiques, aux dissections de corps et aux actes publics habituels en la susdite académie de Montpellier et aux descriptions de plantes, ceci de manière assidue pendant plusieurs années, et a suivi les professeurs royaux pendant leurs visites de malades et a mené avec la plus grande modération une vie de probité. En témoignage de quoi, nous avons apposé notre sceau. Fait à Montpellier, dans notre demeure, l’an du Seigneur mil six cent cinquante-et-un, le 24e jour du mois d’avril. »

Archives de Rennes, liasse 1000
Archives de Rennes, liasse 1000

À cette lecture, une question reste entière : quel est le lien entre ce document et Rennes ?

En fait, il s’agit d’une attestation de présence aux cours de l’université de Montpellier délivrée en 1651 à Jacques Chevallier, un médecin angevin. Ce dernier doit fournir ce document au collège des médecins de la ville de Rennes pour pouvoir exercer dans la ville.

Son diplôme de bachelier, licencié et docteur de l’université d’Avignon est également conservé aux Archives de Rennes, en date du 10 mars 1651 et délivré par l’archevêque d’Avignon, chancelier de l’Université. Ces documents sont en latin, langue des érudits et des études.

Au XVIIe siècle, tout médecin désireux d’exercer à Rennes devait apporter la preuve de son identité et de ses études, mais aussi subir un examen et soutenir une thèse devant les docteurs en médecine du collège. Il s’agit de lutter contre les charlatans, les « prétendus agrégés au corps des médecins de la ville » et les faux diplômes, ce qui causait « grand dommage [aux] malades et [à] leurs familles ».

Quelques années plus tard, dans un arrêt du parlement de Bretagne du 3 janvier 1660, les docteurs en médecine du collège de Rennes « remontrent » que « [la médecine] demande pour l’exercer des personnes de grande probité dans leurs mœurs, intégrité en leur conduite et capacité dans leur doctrine ». Cet arrêt rappelle également que les parlements et les cours souveraines ont établi dans toutes les bonnes villes des collèges de docteurs en médecine pour « examiner et interroger ceux qui voudraient exercer la médecine en icelle, pour juger par cette épreuve sommaire si ils n’auraient point obtenu ces degrés [bachelier, licencié, docteur] par corruption des officiers des universités, ou pris le nom en changeant de province de quelques docteurs qui les auraient obtenu ».

Plusieurs arrêts du parlement ont déjà requis que « personne ne serait admis à exercer la médecine en cette ville qu’il n’eut apporté ces attestations de cinq années d’études, avec ces lettres de bachelier, licencié et docteur obtenues par les formes dans une université fameuse ; et ne fut préalablement examiné par les médecins du collège de ladite ville ».

À noter qu’en 1666, le roi confirme les statuts du collège des médecins de Rennes.