Initiale ornée, 89858/1 RES.

Cette technique dite en relief ou taille d’épargne est la plus ancienne. Pratiquée en Chine dès le VIIe siècle, elle est utilisée pour l’édition de petites séries de livres et les plaques de bois peuvent être utilisées plusieurs fois.

 

La technique :

Le graveur esquisse les principales lignes du dessin sur un bloc de bois (souvent de poirier) dans le sens du fil. Puis à l’aide d’une gouge, un canif ou un burin, il creuse en préservant les traits ou les aplats afin de les faire apparaître en reliefs. C’est la taille d’épargne : l’outil épargne le dessin.

Une fois l’image dégagée, l’imprimeur dépose l’encre grasse au rouleau ou au tampon sur les parties en relief de la matrice. Puis il applique la feuille de papier qu’il soumet à la pression en frottant une cuiller au dos de la feuille, afin d’y reporter le dessin encré. L’invention par Gutenberg de la presse permet ensuite d’imprimer sur une même feuille texte et image.

L’estampe est l’impression de cette gravure sur un support, sur du papier le plus souvent. Le résultat de cette impression est une épreuve, et on peut effectuer plusieurs tirages d’une même planche.

Cette technique produit des gravures simples et très contrastées.

 

Bertrand du Guesclin, « Les neuf preux », gravure sur bois. R 4355

L’histoire de l’estampe, en Occident, coïncide avec l’arrivée du papier à la fin du XIVe siècle, puis le développement de l’imprimerie après le XVe siècle. Jusqu’à cette période, la gravure était un art à part entière et l’impression de bois gravés était réservée aux tissus. Le bois gravé le plus ancien, retrouvé au XIXe dit le bois Protat, date du début du XVe siècle.

A partir du XVIIe siècle, la gravure sur bois est concurrencée par les techniques de gravure sur cuivre, puis eau forte offrant une plus grande finesse de traits et des possibilités beaucoup plus étendues, puis au XIXe par la lithographie.

Après avoir reconnu sa mère dans les pauvres invités au festin, Ponthus lui met sa couronne sur la tête, « Le Roy Ponthus et la belle Sidoine », gravure sur bois. 15846-2 Rés

Fin du XVIIIe siècle, Thomas Bewick recourt au bois de buis (plus dur) et coupe le bois perpendiculairement aux fibres (gravure de bois de bout). Ce bois peut-être travaillé au burin avec divers outils et assure un résultat plus précis et détaillé. L’avantage était aussi la plus grande résistance des plaques et leurs possibles réutilisations. La collaboration de Gustave Doré avec les plus grands graveurs sur bois de l’époque offrira les gravures les plus emblématiques de cette technique.

Scène de jeu, « Les presentes heures a lusaige de Renes ont este faictes pour Simon Vostre libraire… », gravure. R 11578.

L’arrivée de la photographie va supplanter cette technique mais les artistes se réapproprieront la gravure sur bois, et plutôt en bois de fil, pour l’émotion qu’elle procure.

Les artistes bretons ne sont d’ailleurs pas les moins productifs.

La gravure sur bois en Bretagne, 1850-2000, de Philippe Le Stum, Coop Breizh, 2018

Vous pourrez, par exemple, consulter au 6e étage de la bibliothèque (dès sa réouverture) quelques ouvrages plus récents, illustrés par :

Malo-Renault

Xavier de Langlais

Henri Rivière

Anatole Le Braz, ill. par Tony Beltrand

Roland Sénéca

AL, Rennes, Les Champs Libres