Musique au jardin !

Kiosque pour la musique au jardin des plantes, signé Jean-Baptiste Martenot, 20 juillet 1875. 5 Fi 193
Kiosque pour la musique au jardin des plantes, signé Jean-Baptiste Martenot, 20 juillet 1875. 5 Fi 193

L’histoire du kiosque est intimement liée à celle des jardins. Il est un des éléments d’une scénographie très étudiée. Inspiré du modèle oriental (pavillons chinois ou turcs) et du temple circulaire grec (ou Tholos), il fait son apparition en Europe avec la création, au XVIIIe siècle, du jardin anglais, marqué pour un goût certain pour l’exotisme.

Pendant la majeure partie du XIXe siècle, le kiosque, encore appelé pavillon ou belvédère est systématiquement intégré aux modèles de jardins édités par les théoriciens.

Il faut attendre les lendemains de la guerre de 1870 pour voir se développer la mode des kiosques dédiés exclusivement à la musique. Le développement du mouvement orphéonique à partir de 1850, l’autorisation donnée en 1848 aux sociétés chorales et musicales de se produire en plein air et le rôle social qui est attribué aux kiosques par la Troisième République feront le succès de ces élégantes constructions. Lieu de convivialité et de sociabilité, le kiosque est aussi le reflet d’une idéologie. Il permet la diffusion de la musique militaire offrant à l’auditoire un loisir sain et édifiant.

À Rennes, c’est en 1875 qu’est décidée la construction du kiosque du jardin des plantes. Sa réalisation est naturellement confiée à Jean-Baptiste Martenot, alors architecte de la ville, en même temps que la grille d’entrée de la place Saint-Melaine. Son édification vient couronner l’aménagement du Thabor par les frères Bülher. Ce jardin est alors un lieu essentiel et central de promenade et de loisir pour les familles rennaises, notamment issues de la bourgeoisie. Soucieux d’assurer une bonne acoustique, Martenot demande conseil à un professeur de physique et aux chefs de musique et prend exemple sur d’autres réalisations, notamment sur le kiosque du Bois de Boulogne.

Le kiosque de Rennes ne se distingue pas par son originalité mais par son exécution soignée (fines colonnettes, soubassement orné d’une frise en céramique, plafond peint), répondant aux exigences esthétiques et fonctionnelles d’une telle construction.