Tandis que s’améliore progressivement la qualité du carton, qui se fait épais et léger pour les cartonnages de papier, et fournira une matière dure et serrée pour le cartonnage de percaline, voici que vers 1835 la matière d’élection de la reliure industrielle, la percaline, apparaît en France ; l’emploi n’en sera généralisé que vers 1840-1842.

HP 4480. Illustration 8, p. 175

Les ouvrages du fonds Pollès montrent la densité, la solidité de cette toile de coton. La percaline française a des couleurs sombres, le noir l’emporte dans notre échantillon mais le bleu marine n’en est pas absent ; ainsi, le très beau Raphaël : pages de la vingtième année, de Lamartine [1], est relié d’une percaline bleu marine à chevrons, estampée à froid sur le pourtour des deux plats.

Le dos, qui porte le titre de l’œuvre et le nom de l’auteur, est recouvert d’une décoration dorée, mise en valeur par quelques mosaïques bleu clair, rouge, vert.  Au centre du plat inférieur, une corbeille de fleurs dorées au cœur mosaïqué (rouge, bleu, jaune). Au recto, un médaillon central en aplat d’or reproduit une des six eaux fortes qui illustrent le roman : Raphaël et Julie doivent se séparer ; l’heure des adieux est proche ; assis au bord d’un ruisseau, ils regardent passer dans le courant, les ailes renversées, une hirondelle morte qui prend pour eux la signification d’un présage funeste : une harmonie triste et tendre unit les personnages et la nature.

[1] HP 4480, Paris, Perrotin, 1850, 230 x 150 x 23 mm

Françoise, Rennes, Bibliothèque Les Champs Libres

A suivre…