Auteur : Chatin, Adolphe (1813-1901)
Fête_de_la_truffe_d'Apt_Truffes_noires_du_Comtat
Varaine, https://commons.wikimedia.org

Etude accomplie à l’occasion d’un rapport à la Société d’encouragement pour l’industrie nationale.

Médecin, mycologue et botaniste français, Adolphe Chatin enseigne la botanique à l’École supérieure de pharmacie de Paris qu’il dirigea à partir de 1874. En 1897, il devient Président de l’Académie des Sciences.
L’enquête d’Adolphe Chatin le mène à travers la France où il consulte experts trufficulteurs et commerçants. Il aborde son étude sous les angles botanique, historique, économique et gastronomique. En 1887, l’auteur a défini la Tuber uncinatum (truffe de Bourgogne, truffe d’automne, truffe de la Champagne) comme une espèce à part entière. Il l’a dénommé du mot latin « un­ci­natus » = re­courbé en cro­chet. Celle-ci a eu longtemps la faveur des rois de France dès le Moyen-âge.
Mais, Chatin rédige aussi une véritable analyse ethnographique, tant par la collecte d’un savoir populaire ancestral que par la confrontation, puis l’interprétation, des témoignages recueillis face aux données objectives.

DSC04610
La Truffe : étude des conditions générales de la production truffière (1869)

Sur ses propriétés alimentaires : « La truffe, me disait un jour M. Hervé Mangon, professeur à l’Ecole des ponts et chaussées, nourrit bien et diminue la consommation de viande dans les pays où elle est commune. Qiuand j’étais à Carpentras, j’en faisais entrer très-utilement de 60 à 90 grammes dans mon régime tant que durait la saison de la récolte… ».

On peut situer l’âge d’or de la culture des truffes entre 1870 et 1920.
En un peu plus d’un siècle, la production nationale de truffes vendues sur les marchés a été divisée par 25. Alors qu’elle était d’environ 1 200 tonnes dans les années 1880, la production moyenne actuelle est de 50-55 tonnes/an.

Les principales régions productrices sont : le Centre-Ouest, le Sud-ouest et le Sud-est. Le Vaucluse est considéré comme le premier département trufficole français, avec quatre zones de production (l’Enclave des Papes, le Comtat Venaissin, le mont Ventoux et le Lubéron) et il compte sur son territoire les trois plus gros marchés aux truffes en France qui se déroulent chaque semaine de décembre jusqu’au début mars.
En novembre 2018, sur les marchés de Carpentras ou Montagnac, le prix varie entre 150 et 360 €/kg et devrait atteindre les 1 000 euros pour les fêtes de fin d’année !

Les connaissances scientifiques sur les truffes ont beaucoup évolué ces dernières années avec le décryptage du génome de la truffe noire du Périgord en 2010. Cette avancée permet ainsi de mieux comprendre la biologie de cette espèce, la formation de ce précieux champignon et l’évolution de la symbiose entre arbres et champignons.

En ligne sur Gallica : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k617518.texteImage

Edition originale en bibliothèque patrimoniale d’Agrocampus Ouest : cote : A/02.950