Chaque mois, la bibliothèque de Rennes Métropole met en valeur un document rare, précieux ou simplement inattendu : en octobre, il s’agit d’un document du fonds Léon Durocher, chansonnier, poète, humoriste, mort de la grippe espagnole dès octobre 1918.

Avant que la Première Guerre mondiale ne s’achève, la grippe espagnole se répand dans le monde entier, surtout d’octobre 1918 à avril 1919. Provenant peut-être de Chine, elle aurait transité par le Kansas, et si on l’appelle grippe espagnole, c’est parce que l’Espagne, pays neutre pendant la guerre, ne censure pas l’information concernant la propagation de cette épidémie.
La grippe espagnole a sans doute fait plus de 50 millions de morts en quelques mois, dont 200 000 en France. On compte parmi les innombrables victimes Guillaume Apollinaire, Edmond Rostand, Egon Schiele, et Léon Durocher (mort à Paris le 23 octobre 1918, inhumé à Lannion) et son fils.

En 1993, la Bibliothèque s’est enrichie du fonds Léon Durocher, composé de manuscrits, lettres, partitions, photos, cartes et autres documents.
Léon Durocher est né en 1862 à Napoléonville (Pontivy) d’un père allemand (Düringer), arrivé dans cette ville en 1806, sous la période napoléonienne.

Auteur de plus de 400 poèmes, romances et chansons, surnommé le « chantre du Trégor », il s’est rendu célèbre au cabaret « Le Chat noir », à Montmartre. A partir de 1900, Léon Durocher vient habiter Trégastel, à Ker Ninoc’h, grâce à son voisin Charles Le Goffic. Il y voit souvent Anatole Le Braz, Théodore Botrel. C’est une région qu’il connaissait déjà, il est venu souvent à Louannec voir Ernest Renan (avant sa mort en 1892). Il s’est impliqué dans la vie locale de la côte de Granit rose, et devient très actif dans le monde culturel de Bretagne (créateur du Cabaret breton à l’Exposition universelle, directeur du Fureteur breton).

Pour consulter ses œuvres c’est ici : Ms 1603 et Ms 1599

JLN, Rennes, Bibliothèque Les Champs Libres