Domaine public

Avec onze livraisons de huit pages, la Bretagne se taille la part belle sur les vingt-sept provinces traitées de façon documentaire. Les effets de style, la verve, l’humour qui agrémentent  les chapitres consacrés aux types parisiens, proches dans leur ton des articles des feuilles satiriques, n’ont pas cours ici. Le souci de privilégier le sérieux de l’information est sensible dans le choix des collaborateurs : alors que, pour les types parisiens, l’éditeur a fait appel à des feuilletonistes en vogue, à la plume facile, pour les provinces, il s’adresse à des auteurs originaires des régions traitées ou y résidant, secondés s’il est besoin, par des informateurs locaux comme Alfred de Courcy pour la Bretagne, sa patrie, qu’il a su peindre avec des couleurs vives, pittoresques et d’une merveilleuse fidélité, assisté dans sa tâche par un jeune peintre fixé en Bretagne, Prosper Saint-Germain qui illustre notamment plusieurs articles consacrés à la Bretagne dans Le Magasin pittoresque en 1836 et 1837, ainsi que l’ouvrage d’Emile Souvestre, La Bretagne pittoresque (1841) ; dans Les Français, il collabore uniquement à l’article « Le Breton » aux côtés d’Octave Penguilly l’Haridon, artiste spécialisé lui aussi dans les sujets bretons, traités de manière plus brutale.

Les recueils de « costumes » évoluent vers l’enquête ethnographique, sans rejoindre l’acuité d’observation des croquis bretons de Lalaisse, postérieurs.

La formule visuelle du « type », doté d’une légère ombre portée, se détachant sur un fond abstrait pour évoquer une physionomie familière de la société contemporaine, a influencé dans la seconde moitié du XIXe siècle Manet, Seurat, aussi bien que Bonvin, Raffaelli ou Caillebotte.

Le texte a été réédité récemment aux éditions du Bastion puis des Traboules en 2000 et 2010.

Françoise, Rennes, Bibliothèque Les Champs Libres