C’est en 1803 à Plouhinec dans le Morbihan que naît la petite Hélène, quatrième enfant d’un couple d’agriculteurs. Elle a sept ans quand sa mère meurt. Elle est alors confiée à ses tantes qui travaillent dans un presbytère, où elle apprend le métier de cuisinière. Puis de presbytères en maisons bourgeoises, elle va de place en place à travers la Bretagne, jusqu’à son arrivée à Rennes en 1849.

Voilà une histoire bien banale, si ce n’est qu’Hélène Jégado n’est pas une cuisinière ordinaire, mais plutôt une « routarde du crime« , soupçonnée de trente-six assassinats et plus. Son arme : l’arsenic distillé dans les gâteaux, et les soupes qu’elle mitonne pour ses maîtres, les empoisonnant tout en faisant semblant de les soigner avec de grands airs de gentille cuisinière bien dévote. L’arsenic est en vente libre à l’époque, et ses symptômes peu spécifiques peuvent être confondus avec ceux d’autres maladies dont le choléra.

Le voyage impuni d’Hélène au pays du crime s’achève à Rennes où elle tue pour la dernière fois chez le procureur Bidart de la Noë. Elle est cette fois confondue, jugée et exécutée en 1852.

Hélène Jégado
Image d’Epinal représentant Hélène Jégado.

Histoire peu ordinaire, comme le sera le procès qui débute à Rennes en décembre 1851 (les minutes du procès), quelques jours après le coup d’Etat de Louis-Napoléon Bonaparte : les témoins cités par la défense sont absents, morts ou emprisonnés pour raisons politiques. L’avocat Dorange tout en plaidant la monstruosité d’Hélène, s’élève contre la peine de mort, position également peu ordinaire à l’époque. Il ne sera pas écouté.

Il reste de cette histoire terrible quelques chansons populaires, quelques peurs enfantines, des livres, des films, dont un sorti récemment, enfin un aimable gâteau rennais dit « à la Jégado ». Vous voulez la recette ? Retrouvez la sur internet ou consultez l’ouvrage de Simone Morand.

Mais cette recette-là est sans arsenic, déçu ?

CJ, Rennes, Bibliothèque Les Champs Libres.

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