La question de la numérisation s’est vite posée à la bibliothèque diocésaine de Quimper : comment rendre accessible, pour l’historien, l’érudit et le curieux, ce patrimoine littéraire spécifique?

Livrets de piété, bulletins de paroisse et d’écoles, biographies diverses, monographies et ouvrages historiques, mandements et textes officiels des évêques… Ces documents pouvaient poser deux écueils aux yeux des grandes structures nationales : l’aspect religieux et la langue bretonne. La numérisation par ces établissements était certes possible, mais dans quels délais ?

En 2007, nous avons eu l’opportunité d’utiliser un banc de numérisation professionnel, pendant quelques mois. La première série de documents traités est aussi la plus fondamentale : le journal officiel du diocèse, la Semaine religieuse de Quimper et de Léon, fondée en 1885. Elle sera numérisée jusqu’à l’année 2007 : 123 volumes, trois mètres d’étagères, près de 60 000 pages. Puis, ce fut le tour d’autres grandes séries de référence : le Bulletin diocésain d’histoire et d’archéologie, la collection des Ordos, annuaires diocésains si précieux pour toute recherche prosopographique, le célèbre Feiz ha Breiz dans ses deux versions, et son successeur le bulletin Bleun-Brug, non libre de droit mais propriété du diocèse. Ce dernier a naturellement accepté la libre diffusion du périodique. Ces premiers titres sont mis en ligne sur le site diocésain sur des pages dédiées dès 2008, et sont aussi rattachés aux notices bibliographiques du catalogue de la bibliothèque.

Image du Missel de Léon. édité chez Yves Quillevéré, 1526
Missel de Léon. 1526. Domaine public

Les revues et les livres les plus rares sont également numérisés  : le Bréviaire de Landerneau, manuscrit de 1450, le Missel de Léon, édité par Yves Quillevéré à Paris en 1526 : l’autre exemplaire connu est conservé à la BNF.

Entre 2008 et 2016, le travail de numérisation se poursuit sur un simple photocopieur. Livres et revues sont scannés au format pdf et tous océrisés : la recherche de mots dans ces textes y est donc possible. Progressivement des échantillons significatifs de cet univers littéraire sont mis en ligne : traductions bretonnes de la Bible, mystères médiévaux (sainte Tréphine et le roi Arthur), textes fondateurs (Les Mabinogions), pièces de théâtre en breton, monographies de paroisses… Autant d’occasions de remettre en valeur le travail des prêtres écrivains. Ces documents étaient mis en ligne mais sans réelle visibilité sur le site. C’est pourquoi, dès 2014, est entrepris ce travail de création de bibliothèque numérique. Les outils informatiques étant accessibles et libres d’utilisation, la plateforme Omeka est utilisée à cet effet : les documents y sont répartis en différentes collections.

Y.C., Quimper, Bibliothèque diocésaine.

  A suivre….

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