Suite de l’épisode 1…

Quels usages pour les archives médicales du CHGR ?

En raison des données médicales qu’ils contiennent, les registres de la loi comme les dossiers médicaux sont soumis aux délais de communicabilité prévus par le Code du patrimoine : les informations ne sont accessibles aux lecteurs et lectrices que 25 ans après le décès de la personne, ou 120 ans après sa naissance. Toutefois, dans certains cas très encadrés, une communication anticipée est possible.

Cela arrive notamment lors de recherches personnelles. En effet la loi Kouchner de 2002 relative aux droits des malades et à la qualité du système de santé indique que les ayant-droits d’un patient peuvent demander à consulter son dossier médical pour les raisons suivantes :
– connaître les causes de la mort,
– ou défendre la mémoire du défunt,
– ou faire valoir ses droits.

Les chercheurs en sciences humaines et sociales, ou en médecine, peuvent demander des dérogations pour avoir accès aux documents avant l’échéance des délais de communicabilité, parce que ce ne sont pas les informations individuelles qui les intéressent, mais des informations sur les maladies, les soins, les populations. Les registres et les dossiers sont en effet des sources incontournables et intéressantes à plusieurs titres. Bien sûr les histoires individuelles sont touchantes. On les perçoit à travers les documents médicaux, mais également par la lecture de la correspondance des personnes hospitalisées ou de leurs écrits personnels, parfois sous forme de journaux intimes. Ces documents donnent de précieuses indications sur les conditions de vie et l’état de santé des malades, la manière dont leur famille et la société les perçoivent.

On saisit l’élan vers plus d’humanité dans la prise en charge des personnes dans les années 1960-1970, comme en témoignent les portraits photographiques des patients contenus dans les dossiers de cette période. L’histoire des soins, des médicaments et des techniques médicales se lit également. Par exemple, la lobotomie n’a disparu que dans les années 1960, avec le développement de la prescription des neuroleptiques. C’est l’observation des patients, comme la jeune fille ci-dessous, qui a notamment permis les évolutions médicales.

 

Planche photographique de radiographies du crâne, extrait d’un dossier médical, cote 1H-DEPOT2R9 (photographie Lydie Porée)
Planche photographique de radiographies du crâne, extrait d’un dossier médical, cote 1H-DEPOT2R9 (photographie Lydie Porée)

 

Couverture d’un dossier médical et plaque de verre représentant une patiente, cote 1H-DEPOT2R9
Couverture d’un dossier médical et plaque de verre représentant une patiente, cote 1H-DEPOT2R9 (photographie Lydie Porée et Françoise Mercier)

 

 

 

 

 

 

 

Lydie Porée

Archives départementales d’Ille-et-Vilaine

(Article et photographies sous licence CC-BY-NC-ND)

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