Les cinq exemplaires de l'Institution au droit françois
Les cinq exemplaires de l’Institution au droit françois,Bibliothèque de Rennes Métropole. Domaine public.

Suite de l’épisode 1…

La récente acquisition de l’Institution au droit françois par rapport à la Coutume de Bretagne. Avec une dissertation sur le devoir des juges. Par Messire René de La Bigotiere seigneur de Perchambault, président aux enquestes du Parlement de Bretagne par la Bibliothèque des Champs Libres a permis de mettre à jour le catalogage des 5 exemplaires dont elle dispose.

 

Aller plus loin dans l’étude matérielle

Plusieurs éléments nous autorisent à apporter des compléments à cette première approche.

Le dos des exemplaires
Le dos des exemplaires, Bibliothèque de Rennes Métropole. Domaine public.

La reliure

Au-delà des ressemblances entre certains exemplaires, tous sont différents (c’est même tout l’intérêt d’un fonds ancien). La reliure de ces exemplaires en témoigne. Certes, quatre sont en veau brun moucheté, une couvrure qui n’est pas particulièrement précieuse, mais les dos poussés à l’or sont tous différents. Sans parler de l’exemplaire provenant de la bibliothèque des avocats du parlement de Bretagne qui est lui relié en parchemin.

On remarque, toujours sur le dos, que le titre rapporté n’est presque jamais similaire.

Les marques de possessions

Un exemple d’ex-libris, avec un changement de propriétaire
Un exemple d’ex-libris, avec un changement de propriétaire, Bibliothèque de Rennes Métropole. Domaine public.

Autre distinction, les ex-libris qui témoignent des différents possesseurs. L’un a appartenu à Arthur de La Borderie, tandis qu’un second a changé, au cours du temps, de maître. On peut ainsi y lire « Ce present livre est à Monsieur de Labarre René » puis « Il apartiens à présent à M. Julien Boulay 1693″.

Est-ce pour faire disparaître la trace de l’ancien possesseur que la page a été modifiée ?
Est-ce pour faire disparaître la trace de l’ancien possesseur que la page a été modifiée ?, Bibliothèque de Rennes Métropole. Domaine public.

On peut aller jusqu’à se demander si pour marquer ce changement, Boulay du Paty n’aurait pas été jusqu’à modifier la page de titre (on remarque qu’elle a été recollée, et la mention du prix et de la reliure a disparu, en laissant quelques points visibles).

Un nouvel exemple de marque de possession
Un nouvel exemple de marque de possession, Bibliothèque de Rennes Métropole. Domaine public.

Autre marque de possession, les armes placées sur les plats de la reliure, avec un double exemple encore, à gauche celles qui appartiendraient à la famille de Moëlien, à droite la marque de la bibliothèque de Messieurs les avocats (avec la devise de la ville de Rennes « À ma vie »).

Les annotations

Un exemple d’annotations sur les derniers feuillets laissés blancs de l’ouvrage
Un exemple d’annotations sur les derniers feuillets laissés blancs de l’ouvrage, Bibliothèque de Rennes Métropole. Domaine public.

Enfin, dans ce jeu de piste, terminons avec les nombreuses annotations présentes ici et là dans les exemplaires, sous la forme d’une trace laissée

Une lettre datant de 1700 trouvée au milieu du volume
Une lettre datant de 1700 trouvée au milieu du volume, Bibliothèque de Rennes Métropole. Domaine public.

là jusqu’à nos jours comme ce feuillet volant de Noel Coupé ou en commentant plus directement le texte.

 

Ici, le lecteur a commenté à plusieurs reprises le texte imprimé
Ici, le lecteur a commenté à plusieurs reprises le texte imprimé, Bibliothèque de Rennes Métropole. Domaine public.

Ce dernier exemple laisse songeur car il s’agit de l’exemplaire provenant de la bibliothèque des avocats. Pouvait-on librement écrire dans un livre appartenant à tous, est-ce le témoignage d’un ancien possesseur qui aurait pu faire don de son ouvrage à la bibliothèque, ou devons-nous formuler une autre explication ? L’histoire du livre apporte souvent beaucoup de questions qui resteront sans réponses.

Après quelques heures passées en la compagnie de ces charmants ouvrages, en établissant des notices les plus complètes possibles, on s’aperçoit que ces volumes qui semblent courants sont l’enjeu de spécificités propres qu’il faut découvrir pour approfondir notre connaissance. Un jeu de piste très stimulant qui nous donne bien plus d’informations qu’à première vue. Reste à analyser l’exemplaire conservé aux Archives municipales de Rennes…

Vincent, Rennes, Bibliothèque Les Champs Libres

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