• Le don : Les bibliothèques de Morlaix ont reçu en don deux lettres autographes du poète Tristan Corbière. Le généreux donateur, Monsieur Joseph Ducournau, décédé en mai 2015, collectionnait les éditions originales et les lettres autographes ; il résidait à Saint-Sever, dans les Landes.

De son vivant, il avait manifesté son souhait de voir ces lettres intégrer le fonds Tristan Corbière conservé à la bibliothèque patrimoniale « Les Amours Jaunes ». C’est à cet effet que Madame Josette Ducournau, qui souhaitait respecter la volonté de son mari, a pris contact avec les bibliothèques de Morlaix, l’été dernier, pour une remise des lettres fin novembre 2015.

En contrepartie de ce don, et afin de le mettre en valeur, la bibliothèque « Les Amours Jaunes » proposera, du 4 février au 2 avril 2016, à l’occasion de la manifestation nationale « Le Printemps des poètes », une exposition présentant le fonds Tristan Corbière. Elle centrera son propos sur la correspondance du poète, interne au lycée impérial de Saint-Brieuc de 1859 à 1860.

  • Les lettres : il s’agit de deux lettres adressées par Tristan Corbière à son père, Édouard, alors célèbre écrivain :
Lettre autographe de Tristan Corbière
Lettre autographe de Tristan Corbière, Bibliothèques de Morlaix. Domaine public.

La première lettre, datée du samedi 10 décembre 1859 et constituée d’un double feuillet, est rédigée sur trois pages, d’une petite écriture serrée, la quatrième page formant l’enveloppe timbrée.

La deuxième lettre, constituée d’un feuillet simple,est

Lettre autographe de Tristan Corbière
Lettre autographe de Tristan Corbière, Bibliothèques de Morlaix. Domaine public.

écrite recto verso. Elle ne mentionne pas de date. Le vendeur, la librairie spécialisée « L’Envers du miroir », située à Paris, dans le sixième arrondissement, avait noté sur une feuille séparée « mars 1860 », ce qui est cohérent avec le contenu de la lettre, qui mentionne les prochaines   vacances de Pâques.

  • Le contexte : c’’est en mai 1859 que Tristan Corbière entre, à 14 ans, comme interne au lycée impérial de Saint-Brieuc, en classe de quatrième. Débute alors, entre le futur poète et ses parents, une intense correspondance (soit une soixantaine de lettres), considérée par son biographe, Jean-Luc Steinmetz, comme « le document le plus important et le plus continu qui permette de comprendre le tempérament de Tristan et l’éveil de sa pensée ».

Élève médiocre, sauf en latin et en français – et en dessin –, Tristan Corbière y raconte son quotidien d’élève et les relations difficiles qu’il entretient avec ses professeurs et les autres élèves – qu’il croque avec verve et un certain sens de la satire. Se sentant « en cage », il évoque avec mélancolie la propriété dite « Le Launay », où il a passé son enfance, et rêve de promenade à cheval. C’est aussi à cette époque qu’il commence à souffrir de rhumatismes articulaires et d’engelures aux mains et aux pieds. On le sent très attaché à sa famille, à ses parents, sa sœur Lucie et son frère Edmond, surnommé « le gros Gouronnec ».

Eric Peltier et Françoise Denizeau, Bibliothèques de Morlaix.

 

 

 

 

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