Alciat. Page de titre
Page de titre de l’édition d’Alciat de 1542 . Domaine public.

La bibliothèque de l’Université Rennes 2 vient d’acheter un petit volume, témoin de la vogue du livre d’emblèmes dans toute l’Europe de la Renaissance. Il s’agit d’un exemplaire des Emblèmes d’Alciat dans une édition datée de 1542 et sortie de l’atelier de Chrétien Wechel. Ce recueil d’épigrammes très célèbre connut plus de cent cinquante éditions en France, en Allemagne, en Italie et dans les Pays-Bas, en un peu moins de cent ans, entre 1531 et 1620.

André Alciat (1492-1550) est un juriste italien qui écrivit en latin dans cette Europe humaniste à la fois si lointaine et si proche de nous. Il fût avocat à Milan, professeur de droit à Pavie et Bologne mais il enseigna aussi à Avignon et à Bourges où l’Université le convainquit de venir en lui offrant un salaire plus élevé qu’ailleurs. On s’accorde à dire que la première édition de ses Emblèmes (Emblemata), un recueil d’allégories rédigées en latin a été publié en 1531 par Steyner à Augsbourg sans son autorisation

Alciat. Page 66
Page 66 de l’édition de 1542 d’Alciat. Domaine public.

La première publiée avec l’autorisation de l’auteur parut à Paris en 1534, chez l’imprimeur Chrétien Wechel. Durant dix ans cet imprimeur (celui du volume que nous venons d’acheter) est le seul en France à publier les Emblèmes. C’est à lui en particulier que l’on doit en 1536 la première édition en français du texte issue de la traduction de Jean Lefèvre. Plus que d’une traduction il s’agit d’une adaptation en français car les huitains de Lefevre s’éloignent un peu du texte latin. Après 1544 le texte connaîtra aussi des éditions lyonnaises importantes en français et en latin.

Comme nous le rappelle cet article du blog Bibliomab, un emblème est une «  représentation d’une figure à valeur symbolique particulière, éventuellement accompagnée d’une légende en forme de sentence » (définition du CNRTL). Certaines éditions des livres d’emblèmes ne sont pas illustrées, mais le modèle qui est le plus répandu est celui d’une page ou une double page où se côtoient un titre, une gravure représentant un objet, un animal, une scène historique ou mythologique et un court poème en vers.

L’ouvrage acheté prendra place dans l’exposition consacrée au Livre de la Renaissance que la Bibliothèque de l’Université Rennes 2 prépare avec les étudiants du MAGEMI pour le printemps 2016. Il est consultable, après avis du conservateur, dans la salle de consultation du Fonds ancien de la Bibliothèque.

Jean-Marc Chatelain, Livres d’emblèmes et de devises : une anthologie (1531-1735), Paris, Klincksieck, 1993.
Adams Alison, « La conception et l’édition des livres d’emblèmes dans la France du xvie siècle. Une problématique collaboration entre un auteur et un éditeur», Littérature 1/2007 (n° 145) , p. 10-22. URL : www.cairn.info/revue-litterature-2007-1-page-10.htm.

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