On ne se souvient guère que de la Physiologie du mariage de Balzac, publiée en 1830, mais ce genre connut une véritable fortune au milieu du XIXe siècle. Le succès des physiologies est attribuable à leur petit format, in-32, à leur nombre réduit de pages, en général 124, à leur prix modique, leur style simple, leur ton humoristique et leurs illustrations.

Pour la plupart parues entre 1840 et 1850, estimées à un demi-million, elles furent lancées sur le marché de la librairie en 1841. Philipon, père de la Physiologie de la poire, animateur de la Caricature et du Charivari, est à l’origine de toutes les productions de la maison d’édition Aubert.

Caricature d'Honoré Daumier : "Physiologie du flâneur", p. 99
Physiologie du flâneur, p. 99 (Daumier). Domaine public.

L’ensemble recueilli par le collectionneur Henri Pollès, qu’il a légué à la bibliothèque de Rennes Métropole, est représentatif de la diversité des thèmes abordés :

Vignettes de Gavarni : "Physiologie du tailleur", p. 67
Physiologie du tailleur, p. 67 (Gavarni). Domaine public.

D’autres couvrent un champ plus vaste, comme la Physiologie de la presse ou la Physiologie du théâtre. Elles montrent, comme la Physiologie du parterre ou celle du Calembourg (sic), l’engouement que suscitèrent ces Physiologies. La matière et les sujets y contribuent évidemment ; ces physiologies s’inscrivent dans la tradition des Caractères de La Bruyère et des Lettres persanes de Montesquieu. Plus près chronologiquement, elles se situent dans la suite des Nuits de Paris de Rétif de La Bretonne ou du Tableau de Paris de Sébastien Mercier, car l’urbanisation croissante avait accru le public et favorisé les études de mœurs.

L’histoire de ce genre a été détaillée dans un ouvrage publié par la Ville de Rennes en 2007, en hommage à Xavier Ferrieu.

Françoise, Rennes, Bibliothèque Les Champs Libres

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