Chaque mois, un ouvrage  exceptionnel est dévoilé dans la vitrine Patrimoine de la Médiathèque de Saint-Malo.

Dans l’actualité littéraire, le mois de Novembre est rythmé par les remises de Prix. Le Prix Goncourt a été décerné cette année à Mathias Enard avec Boussole qui entre dans l’histoire littéraire française.

Mais vous souvenez-vous des écrivains qui ont remporté les premiers Prix Goncourt dès 1903 ?

Le fonds ancien de la Médiathèque conserve quelques Prix Goncourt du début XXème siècle. Pour résonner avec cette actualité, deux ouvrages récompensés sont présentés dans la vitrine Patrimoine.

Prix Goncourt 1904

Photo Médiathèque de Saint-Malo
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La Maternelle, par Léon Frapié (1863-1949), chez Calmann-Lévy, Editeurs, Paris, 1910. Illustrations de Poulbot (1879-1946), affichiste, dessinateur et illustrateur français.

Léon Frapié collabore d’abord à des revues et à des quotidiens, puis se lance dans la rédaction de romans. C’est La Maternelle  qui lui valut la notoriété. Ce roman est une peinture émouvante et désabusée des mœurs enfantines dans une école des quartiers pauvres.

D’une manière générale, l’œuvre de Léon Frapié se rattache à la tradition du roman réaliste. L’auteur a été inspiré par les souvenirs de son épouse Léonie Mouillefert qu’il a épousée en 1888. Il dédicace d’ailleurs son roman :

« A une femme qui est la sincère institutrice et qui – par le privilège de l’entière bonté – est toute fervente aussi, l’Épouse et la Mère ».

Le roman est un succès littéraire avec 400 000 exemplaires vendus.

Prix Goncourt 1912

Photo Médiathèque de Saint-Malo
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Filles de la Pluie, Scènes de la vie ouessantine, par André Savignon (1878-1947),  chez Bernard Grasset  Editeur, Paris, 1912.

Journaliste, romancier, collaborateurs de plusieurs journaux anglais, André Savignon partage sa vie entre la France et l’Angleterre. Après l’armistice de 1918, il passe une grande partie de sa vie à Saint-Malo. Il deviendra l’ami de Théophile Briant et de René Martineau, célèbres poètes, écrivains établis également à Saint-Malo et fondateurs du journal Le Goéland.

André Savignon séjourne à Ouessant en 1911. A son retour, il écrit ce roman, en réalité une succession de récits, chacun d’entre eux consacré à une ouessantine. Les îliennes, surnommées « les filles de la pluie », à la vie rude, y sont décrites comme ayant des mœurs très libres, aimant les hommes mais ne s’y attachant guère… Ce tableau ne plut à l’époque ni aux intéressées ni aux Bretons. Ce qui n’empêcha pas André Savignon de recevoir le Prix Goncourt en 1912.

Un trésor mensuel à ne pas manquer qui reflète la richesse des collections patrimoniales de la Médiathèque.

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