Réalisée par l’architecte Jean-François Huguet, cette estampe est entrée aux Archives de Rennes par voie extraordinaire. Achetée dans une vente aux enchères à Laval, elle représente l’inauguration solennelle de la statue équestre de Louis XIV aujourd’hui disparue, sur la nouvelle place du Palais le 6 juillet 1726.

Festivités lors de l'élévation de la statue de Louis XIV au centre de la place du Palais à Rennes en 1726
Inauguration de la statue équestre de Louis XIV, 6 juillet 1726, gravure d’après Huguet. Archives de Rennes, 10 Z 219. Domaine public.

En 1685, les États de Bretagne décident d’ériger une statue équestre de Louis XIV sur la place du Palais à Rennes. Symbole du rattachement et de la fidélité de la région au royaume, cette statue est une représentation du roi habillé en empereur romain, chevauchant un cheval blanc.

Œuvre du sculpteur Antoine Coysevox, construite à Paris en bronze et marbre, elle n’est inaugurée qu’en 1726, du fait des importants travaux nécessaires à la reconstruction de la ville après l’incendie de 1720. Sur la planche de Jean-François Huguet, la grande place du Palais, noire de monde, est représentée comme une scène où se joue le spectacle du pouvoir royal : tout est bien ordonné, chacun semble tenir un rôle précis. Jouxtant la statue équestre au centre de la place, se dresse un banquet où bon nombre de dames sont attablées. Son accès ne devait pas être aisé à en croire les clôtures et tourniquets, gardés par des soldats !

Au son des tambours et trompettes, les milices bourgeoises et les officiers municipaux défilent en armes autour de la statue du souverain, tandis que les canonniers tirent des salves de canons au grand dam des spectateurs effrayés! Le spectacle du pouvoir royal ne semble réservé qu’à une élite : magistrats en robes et perruques rassemblés autour d’un immense feu de joie ou notables vêtus de riches habits au premier rang des festivités. Loin des chaises à porteurs et autres carrosses, rares sont les gens du peuple qui ont eu la chance de se glisser sous les arcades et aux fenêtres des immeubles d’habitation pour voir la cérémonie.

Cette statue a été démontée pendant la Révolution en 1793 et fondue pour réaliser des canons ! Les bas-reliefs qui ornaient son socle sont aujourd’hui conservés au musée des Beaux-Arts .

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Violaine, Rennes, Archives municipales

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